AISLF Tunis 2020

Cycle documentaire - Cinémathèque Tunisienne

Le Congrès est reporté

La Cinémathèque Tunisienne, partenaire du Congrès, organise du 6 au 10 juillet un cycle de films documentaires tunisiens intitulé « La marginalité dans le documentaire tunisien ». Les projections proposées aux congressistes auront lieu chaque jour, à 16h30 et 21h, dans la salle Taher Chériaa, à la Cité de la culture, à l'exception de Remparts d'argile, qui sera présenté le lundi 6 juillet dans la salle de l'Opéra, en prélude à la session plénière « Sociologie tunisienne ».

Programme

Jour Séance de 16h30 Séance de 21h
Lundi 6 juillet Remparts d'argile Cafichanta suivi de Le refuge
Mardi 7 juillet VHS Kahloucha (VHS كحلوشة) J'ai vu des étoiles
Mercredi 8 juillet Thawra ghir draj (Révolution moins cinq minutes) Dîner festif
Jeudi 9 juillet C'était mieux demain Au-delà de l'ombre
Vendredi 10 juillet Gort Subutex

Présentations

Réalisé à partir d'une étude du sociologue Jean Duvignaud sur un village du Sud tunisien, Chebika (Chébika, étude sociologique, Paris, Gallimard, 1968).

Avec Jean-Louis Trintignant et Leila Shenna.

Un village aux confins du Sahara. La vie semble s'être arrêtée dans une immuable succession de jours semblables les uns aux autres, à peine troublés par la visite d'une assistante sociale ou une nouvelle tempête de sable. Les hommes dans une carrière proche, cassent des pierres, les femmes tirent l'eau du puit, tissent, moulent du grain. Parmi elle, une orpheline de 19 ans, Rima, adoptée par une famille pauvre, et dont on devine le secret désir d'apprendre, de découvrir, de s'instruire, de vivre.

Lundi 6 juillet - 16h30 - Cité de la culture - Salle de l'Opéra

Le « Cafichanta » est une déformation du français « café chanté ». Ce type de divertissement a duré du début des années 1950 aux années 1970 dans des salles comme Salet el Fath à Bab Souika, Salet el Âyachi ou encore Salet Madrid qui n’existent plus. Il s’agissait de lieux de fêtes populaires où les gens échangeaient, assistaient à des spectacles de chant avec des artistes reconnus de l’époque comme Chafya Rochdi, Ali Riahi, El Hattab, Fatheya Khairi, la fameuse Zohra Lambouba qui veut littéralement dire Zohra l’ampoule ou encore des spectacles de danse avec Zina et Aziza.
Le film rend hommage à cette forme d’expression artistique et populaire qu’est le « Café chantant », en période du Ramadan. Passé et présent se répondent, les artistes défilent, expriment leur art et leurs opinions…

Lundi 6 juillet - 21h - Cité de la culture - Salle Taher Chériaa

Le Refuge se passe dans le cimetière de Jallez à la périphérie de Tunis et nous parle des chômeurs qui survivent d'aumônes et de petits boulots (nettoyer les tombes, vendre des graines, de l'encens et de l'eau), d'une vie quotidienne qui pour le narrateur, en tout cas, est celle de reclus volontaires, certains hommes ne quittant plus le cimetière, lieu de travail et, paradoxalement, de vie. Ce lieu immense est sillonné chaque jour par des silhouettes à la recherche d’un travail, mais aussi d’un point d’ancrage.

Lundi 6 juillet - 21h - Cité de la culture - Salle Taher Chériaa

Grand fan des films de genre des années 1970, Moncef Kahloucha, peintre en bâtiment, tourne des fictions hilarantes en VHS avec l'aide des habitants du quartier populaire Kazmet à Sousse (Tunisie). Il produit ses films, les réalise et y incarne toujours le rôle principal.
Ses tournages sont l'occasion, pour les habitants de son quartier, d'échapper à leur quotidien morose et de vivre des instants intenses, de la préparation jusqu'à la projection dans le café du coin. La caméra a suivi Kahloucha pendant qu'il bouclait son dernier opus : Tarzan des arabes.

Mardi 7 juillet - 16h30 - Cité de la culture - Salle Taher Chériaa

Feuilletant les pages jaunies d’un prestigieux album, Choft Ennjoum fil qaïla retrace de manière chronologique l’épopée de la boxe en Tunisie du début du siècle dernier à nos jours. D’une décennie à l’autre, la figure du boxeur est perçue comme l’emblème de l’esprit d’une époque : de Hassen El Karrèche, le vendeur d’abats à la force mythologique, en passant par le champion du monde israélite Young Pérez, qui a marqué des générations entières ou des grandes stars comme Sadok Bahri, Hédi Tijani, Bill Joe, Rezgui Ben Salah, Omrane Sadok, Tahar Belhassen, jusqu’au champion actuel Walid Smichet, installé à Montréal, ce documentaire brosse une série de portraits empreints d’humanité. À travers la diversité des parcours, sont ressuscitées l’âme profonde et la détermination bon enfant, qui firent les heures de gloire de la boxe tunisienne.

Mardi 7 juillet - 21h - Cité de la culture - Salle Taher Chériaa

Thawra ghir draj est un film sur un art qui naît. Nous sommes quelques semaines après la révolution, un collectif de street-artistes commence à sévir dans les rues de Tunis et d’ailleurs. « Ahl el kahf » (les gens de la caverne) est leur nom. Le réalisateur les suit, caméra au poing, durant de longs mois, principalement pendant qu’ils créent leurs œuvres dans la rue ou pendant qu’ils s’interrogent sur leur pratique. Thawra ghir draj est riche et complexe, brassant simultanément plusieurs problématiques : l’image, la création, le politique, la révolution…

Mercredi 8 juillet - 16h30 - Cité de la culture - Salle Taher Chériaa

Du 14 janvier au lendemain des élections, dans le tumulte d’une révolution, le film suit une femme, Aïda, qui a tout à refaire et qui ne veut plus regarder en arrière. Sa vie est une errance d’un quartier défavorisé à l’autre. La révolution est là. Mue par une volonté de s’en sortir, de trouver un toit dans Tunis pour elle et ses enfants, elle fait fi des événements historiques qui l’entourent. Son seul but étant de se reconstruire, elle est convaincue que la révolution est une bénédiction.

Jeudi 9 juillet - 16h30 - Cité de la culture - Salle Taher Chériaa

L’histoire se déroule à Sidi Bou Saïd, dans une maison du village en haut de la colline. C’est là qu’Amina Sboui s’est fait connaître par ses actions chez les Femen. Elle est entourée d’une bande de jeunes. Rejetés par leurs familles, marginalisés par la société pour leurs orientations sexuelles ou parce qu’ils n’ont pas adopté le genre « qu’il faut ». La violence est le quotidien de ce groupe que Nada Mezni Hafaiedh a décidé de suivre. « Nous ne sommes ni ange ni démon, nous sommes les deux à la fois, parfois un peu plus. Nous sommes complexes et pourtant les jugements auxquels nous faisons face, ne sont pas toujours profonds ni fondés. Écartés seulement parce que différents, des individus se retrouvent stigmatisés et à la marge de la société. C’est le lot de la communauté LGBT en Tunisie ».

Jeudi 9 juillet - 21h - Cité de la culture - Salle Taher Chériaa

Film coup de poing, narrant l'évolution tragi-comique de deux transporteurs de foin, entre l'ère Ben Ali et la période post-révolution. De 2007 à 2012, le réalisateur Hamza Ouni a suivi sur les routes deux jeunes hommes, Khairi et Wachwacha (moustique en tunisien), dont le métier est de transporter des bottes de foin avec des routiers, entre les villes tunisiennes.
Épuisés par cette tâche et déçus par leur quotidien terne, ils font ce qu'ils peuvent pour oublier leur condition : ils draguent les ouvrières des usines, se lancent des plaisanteries grivoises et chantent beaucoup sur les routes hostiles qu'ils parcourent, parfois sans rien manger. Leur défoulement par le chant compte d'ailleurs beaucoup pour le réalisateur.

Vendredi 10 juillet - 16h30 - Cité de la culture - Salle Taher Chériaa

Fanta et Rzouga ne sont ni des acteurs professionnels ni amateurs, ce sont deux êtres humains qui représentent une frange de la société tunisienne réprimée et ignorée. C’est dans ce sens que le film de Shili dérange, car il dévoile et filme une histoire qu’on pourrait comparer au symbole des « Trois singes de la sagesse » (ne rien voir, ne rien entendre et ne rien dire). On aimerait ainsi ne pas voir tant de pauvreté, ne pas entendre ni dire que la Tunisie profonde est ainsi étouffée et rejetée. La force de Subutex réside dans le fait que le réalisateur ne cherche pas à donner des solutions, ni à s’interroger sur l’origine du mal, cela n’est autre que la toile de fond du film, mais le plus important, c’est cette histoire d’amour. Filmer cette histoire de passion obsessionnelle entre deux êtres attachants : Fanta qui, petit de taille, l’aspect chétif et l’air efféminé, se fait injecter du Subutex dans le sang par son amant Rzouga, une brute aguerrie aux épreuves de la rue, à la silhouette plutôt élancée et bien charpentée.
Cette histoire de passion dévorante est le centre du film, son cœur battant, car ce sont ces deux amoureux qui portent le film et font que du premier au dernier plan, nous sommes plongés dans les moindres détails de la vie amoureuse de ces marginaux et dans leur intimité. On peut ainsi, s’interroger : à quel point le dispositif filmique peut-il devenir transparent aux yeux des personnages filmés ? C’est ainsi que la frontière entre le documentaire et la fiction se révèle ténue et délicate. Cet amour entre Fanta et Rzouga nous rappelle, par certains aspects, le film de fiction Happy Together du cinéaste hongkongais Wong Kar-Wai, où deux hommes s’aiment, se disputent, se quittent, puis se retrouvent…

Vendredi 10 juillet - 21h - Cité de la culture - Salle Taher Chériaa